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25 000
personnes employées. Qui
ignore encore le nom de la première
entreprise de France ? Certainement
pas la Chambre de métiers du Loiret
qui a vite adopté le slogan
"L'artisanat, première
entreprise de France". "Il a
sans aucun doute modifié la
perception de nos 250 métiers, y
compris au niveau des élus, des décideurs
et des services administratifs",
commente son président Roger Aguiton,
en précisant : "L'artisanat est
aussi la première entreprise du
Loiret !" En fait, les structures
artisanales comptent pour un tiers des
22 000 entreprises du département et
font travailler près de 25 000
personnes (voir encadré chiffres).
Et l'effort de communication,
destiné à rendre plus lisible
l'action et l'identité de la Chambre
de métier va même conduire l'assemblée
consulaire à changer de nom. Pour
s'appeler "Chambre de métiers...
et de l'artisanat" ! Voilà qui
aidera peut-être le grand public à
ne plus considérer cette institution
comme un simple relais administratif.
Car ses nombreuses missions* ont
vocation à encourager la vitalité de
l'artisanat. "Dans le Loiret, après
quelques années moroses, le nombre
d'entreprises artisanales augmente à
nouveau, décrit ainsi Jean-Pierre
Videau, responsable du service économique
de la Chambre de métiers. Et elles
recrutent jusqu'à 900 personnes par
an !"
Quand
l'artisanat va... Chargé de la
formation, Yves Houth rappelle pour sa
part : "3000 contrats de
formations sont signés chaque année
dans le département, avec 70% des
jeunes formés qui font carrière dans
le métier !" Reste que c'est sur
le terrain que l'on prend le mieux le
pouls de l'artisanat. Auprès
d'entreprises comme celle de
charpente-couverture-zinguerie de
Vincent et Catherine Lubin, à
Villenblain, pour laquelle la
formation n'est pas un vain mot :
"Nous formons en ce moment un
troisième apprenti, explique la
conjointe-collaboratrice. Et, moi-même,
depuis que j'ai abandonné mon poste
d'aide-soignante pour travailler ici,
je me forme en continu à raison d'une
dizaine de formations par an, dans
tous les domaines susceptibles
d'accompagner le développement de
l'entreprise !"
Un
fort développement, c'est aussi ce
qu'a connu AT Cuir Rénovation, à La
Ferté-Saint-Aubin, où Ludivine
Tinert, 26 ans, travaille avec ses
parents, son frère et un salarié :
"Depuis 1998, nous avons multiplié
notre chiffre d'affaires par trois,
nous avons quitté le centre-ville
pour la zone industrielle, et la
cordonnerie-maroquinerie familiale est
devenue membre d'un réseau national
de SAV pour les canapés cuirs !"
La société a même été récemment
récompensée : "Avec le prix
Artis@naute 45, pour les trois sites
Internet d'e-commerce que j'ai développés
moi-même pour vendre des fauteuils
clubs, des capotes automobiles et des
produits d'entretien des
cuirs..."
Passage de
relais.
Et
puis, il y a ceux qui font en sorte de
porter, toujours plus haut, les
couleurs de l'artisanat. Comme Patrick
Moreau, spécialiste de l'agencement
et du parquet, basé à Triguères,
avec sa femme et six salariés :
"En 2004, nous avons posé 160 m²
de parquet ininflammable au second étage
de la Tour Eiffel ! Ceci grâce à un
brevet unique en Europe de traitement
des bois massifs dans la masse."
Initiative payante, pour cette affaire
créée il y a seulement sept ans et
qui décroche des chantiers spécifiques
et haut de gamme sans trop compter les
kilomètres : "Nous travaillons
aussi pour L'Oréal ou Gaz de France
en Ile-de-France."
Avec sa SARL de cinq personnes
"Structures et Images", Anne
Pizzi, installée à Guilly, vend,
elle, 40 % de sa production de matériels
d'exposition pliables et d'affichage
grand format en aluminium... à l'étranger
: "En Europe et en Afrique du
Nord, précise-t-elle, par l'intermédiaire
de revendeurs." Et pour cause.
Ces produits très spécifiques,
destinés aux salons, galeries
marchandes, expositions et équipement
de boutiques, sont conçus ici avec
des contraintes de poids, de résistance
et d'encombrement optimisées, ce qui
est loin d'être fréquent en Europe !
Une
transmission difficile. Autant
de preuves de l'excellence artisanale
du département. Impossible, dès
lors, d'imaginer la première
entreprise de France en péril. Elle
est pourtant menacée : "40% des
chefs d'entreprises artisanales ont
plus de 50 ans, annonce Jean-Pierre
Videau. D'où un gros souci quant aux
possibilités de transmission de leurs
entreprises !" Sophie Hare vient,
par exemple, de reprendre un salon de
coiffure à Châteauneuf-sur-Loire,
suite "à une passation de
pouvoir en bonne et due forme, avec un
départ à la retraite pendant lequel
l'ancienne gérante m'a présentée à
ses clientes", raconte-t-elle.
Mais tous les artisans ne sont pas en
mesure de passer aussi idéalement le
relais. Soit par manque d'anticipation
de leur part, soit faute de candidat
à la reprise. Rien ne dit, toutefois,
que les jeunes générations, moins pétries
de préjugés, ne se laisseront pas
tenter...
(*) accompagnement
des créations d'entreprises
nouvelles, appui à la
transmission-reprise d'entreprises,
soutien des entreprises en difficulté,
actions en faveur de l'environnement,
promotions des métiers d'art, de
l'exportation et de l'insertion
professionnelle des jeunes, etc.
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